Révisions pour le jeu « Bac Metal »

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Avertissement préalable : Les informations figurant dans ce document sont extraites d’internet, elles ne sont ni exhaustives ni potentiellement exemptes d’erreurs …. Il est impossible de tout citer, et il y a plein de trous : A vous de les compléter !!!

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affiche metal voyage au coeur de la bête

HISTOIRE DU METAL:

Sources :  https://toftaky.wordpress.com/la-petite-histoire-du-metal/      

https://fr.wikipedia.org/

I. LES ORIGINES / ANNEES 1960 – 79

Introduction : Les précurseurs.

« Le rock a toujours eu un faible pour la guitare électrique, il en est de même pour le métal. Deux guitaristes peuvent être considérés comme les précurseurs du métal.

1958 : 

Link Wray, jeune rocker, sort « Rumble » morceau mythique du rock sur lequel il invente la distorsion.

En poussant le volume de l’amplificateur de sa guitare au maximum et en le bricolant un brin, celui-ci sature et donne un son distordu.

D’un son clair et propre, on passe à un son saturé, rugueux, plus puissant et agressif.

Cette technique va inspirer bon nombre de guitaristes rock qui vont améliorer la technique jusqu’à donner la distorsion caractéristique du son métal.

1968 : 

En trois albums, Hendrix a inventé de multiples façons de jouer de la guitare électrique, sa technique hors norme lui permettait de tirer de sa guitare une musique sauvage et explosive, faisant dire à un journaliste de l’époque que c’était « du métal lourd tombant du ciel ».

Heavy Métal, le terme était lâché.

A genoux d’admiration devant ce virtuose, toute une génération de guitaristes va suivant ses traces pousser le rock dans ses retranchements.

Suite à la fureur du rock des 50’s, la musique des 60’s est devenue pop, elle a perdu en énergie ce qu’elle gagnait en complexité (Beatles, Beach Boys…)

Certains artistes, une partie de la jeunesse, ne se reconnaissent pas dans cette pop, ils vont réagir en rendant son énergie au rock. On les distingue en deux catégories.

« The Stooges » le groupe du jeune Iggy Pop ou « The Troggs », « The Who »…etc récupèrent l’énergie du rock des pionniers, lui donnent un coté plus « rentre dedans ».

Ils vont créer des morceaux d’une violence inédite pour cette fin des 60’s, en pleine période hippie…des chants hurlés, des guitares saturées, des batteries martyrisées.

Ils feront partie des pionniers du hard rock mais surtout du punk rock.

La deuxième catégorie est composée de groupes de blues rock anglais du milieu des 60’s,

mouvement que l’on appelait le British Boom Blues.

Les Yardbirds, Animals, Cream, Bluesbreakers, comptent dans leurs rangs de fabuleux guitaristes comme Eric Clapton, Jimmy Page ou Jeff Beck.

Peu a peu transcendés par l’exemple de Hendrix, ils vont muscler leur musique et du Blues, on passe ainsi à un genre de Hard Blues.

Mais Hendrix est allé trop loin pour que ces guitaristes s’enferment dans ce format Blues.

Le premier à tenter une sortie est Jeff Beck, il quitte les Yardbirds et sort un album solo, beaucoup plus électrique et novateur, le splendide « Truth » en 68. Jimmy Page l’ayant remplacé au sein des Yardbirds comprend alors qu’il est dans une impasse avec le Hard blues… »

A écouter:  

Link Wray: Rumble et Raw Hide ( Link Wray and the Wraymen. 1960)

Jimmy Hendrix: Purple Haze. (Jimi plays Monterrey. 1967)

Cream : Crossroads. (Wheels of fire.1968)

Shapes of things / Jeff Beck Group (Truth.1968)

I. Les années 70. La naissance

A. Le Hard rock

  1. La Naissance. 1969-1972 

En 1968, Jimmy Page souhaite aller plus loin que ce qu’il fait avec les Yardbirds.

Il a entendu les splendides albums de Hendrix, de Jeff Beck et veut faire mieux.

Il quitte les Yardbirds et s’adjoint les services de trois autres musiciens et fonde Led Zeppelin.

Led Zep réunit quatre virtuoses prêts à en découdre.

La réunion d’une section rythmique basse + batterie implacable et puissante, d’un guitariste décidé à égaler son maître Hendrix et la voix dantesque de Robert Plant, réunit les conditions pour créer un grand groupe de rock.

Mais Robert Plant féru de littérature, de mythologie celtique et médiévale va donner par ses textes une atmosphère dramatique d’une noirceur romantique aux compositions du groupe.

Son chant hurlé, clamé, chuchoté, posé sur les mélodies flamboyantes de Jimmy Page, le tout naviguant dans un univers mystérieux, ésotérique…ça y est on quitte le monde du Blues pour assister à la naissance du Hard Rock.

Acte fondateur : L’album Led Zeppelin I

Recette du Hard rock : virtuoses + chant haut perché et très puissant + ambiance dramatique + compositions épiques + concerts fleuves.

Tout de suite avec Led Zep, d’autres groupes arrivent et constituent le socle de fondation du Hard Rock : Deep Purple, Black Sabbath.

A écouter: 

Led Zeppelin: Communication breakdown. (Led Zeppelin.1969)

Deep Purple: Speed king. (In rock. 1970) 

  1. Age d’or du Hard rock. 1972-1978 

Suivant la voie ouverte par les trois groupes fondateurs, de multiples groupes vont apparaître et rencontrer le succès.

Free, Queen, Status Quo, Rainbow en Angleterre.Thin Lizzy en Irlande.Scorpions en Allemagne.Shakin’ Street en France.Aerosmith, Kiss, Alice Cooper, Grand Funk Railroad aux USA.AC/DC en Australie. La jeunesse délaissant les groupes trop marqués 60’s jugés ringards se passionnent pour ces musiciens plus rebelles.

Avec le succès, le genre va peu à peu se laisser aller à la facilité, sombrant dans la variété.

De plus le mouvement Punk, plus violent et plus intègre dans sa rébellion va lui voler une grande partie de son public.

Le Hard rock va néanmoins poursuivre sa route à travers les années 80 et 90.

A écouter: 

Aerosmith: Mama kin. (Aerosmith. 1973)

Queen: Tie your mother down. ( A Day at the races.1976)

Scorpions: All night long. (Tockyo tapes. 1978)

Thin Lizzy: Jailbreak. (Jailbreak.1976)

Kiss: Detroit Rock City. (Destroyer. 1976)

B. La naissance du Heavy métal  

  1. Black Sabath 

Sur les trois fondateurs du Hard rock, on n’a pas parlé de Black Sabath.

Au moment où est fondé le Hard, Black Sabath propose une alternative qui servira de porte de sortie vers d’autres évolutions du Métal.

En 1970 sort « Black Sabbath », album eponyme.

L’album subit les foudres des censeurs, critiques, religieux…et fait un carton chez les fans de rock…comme souvent dans ces cas là!

a) L’accident

C’est un accident qui scellera le destin du Heavy Métal et de Black Sabath :

Tony Iommi, le guitariste du groupe, se sectionne deux phalanges de la main lui servant à pincer les cordes de sa guitare.

Après une rééducation forcenée et la fabrication de prothèses en bois, il réussit à rejouer mais doit pour cela inventer une nouvelle méthode.

Sans le savoir, il invente le son du Heavy métal.

C’est-à-dire que pour jouer avec une main affaiblie et moins sensible, il dû assouplir la tension des cordes de sa guitare, ce qui mécaniquement en abaissa la tonalité vers les graves.

Son jeu moins virtuose, plus lent que celui de Page ou Blackmore s’épura à l’extrême, donnant une atmosphère sombre qui colla à merveille avec l’univers ésotérique occulte et païen d’Ozzy Osbourne, son chanteur.

b) L’univers d’Ozzy

Celui-ci est fasciné par  le satanisme, la sorcellerie, l’occultisme, le cinéma d’horreur.

Il écrit ainsi des textes nimbés de référence à son univers horrifique et le tout mêlé à cette musique lourde-heavy nous donne tous les ingrédients du Heavy métal.

Le public rock adorant se donner le frisson va suivre et ainsi donner la place au développement de cette voie sombre initiée par le Sabath.

Néanmoins le précurseur va rester relativement seul durant les 70’s, peu de groupes de grande valeur émergeant dans ce genre là.

  1. Motörhead 

Il faut attendre la fin des années 70, pour que Motörhead vienne enrichir la scène Métal.

Mélangeant influences punk, hard rock et rythmiques à la Black Sabath, Motörhead accélère le tempo et ajoute un chant hurlé, rauque et puissant.

Son chanteur Lemmy Killmister brise ainsi une tradition de chanteurs lyrique à la voix haute et claire, de cette façon il permet l’évolution du genre en de multiples directions.

Les influences du Sabath et de Motörhead vont être recyclées, utilisées pendant 25 ans comme base de toute la musique métal jusqu’à aujourd’hui !

Motörhead  est parfait pour servir de charnière entre les 70’s et les 80’s, 80’s qui vont voir la radicalisation du mouvement Métal.

A écouter: 

Black Sabbath: Paranoïd et Iron man. (Paranoïd.1970)

Motörhead: Aces of Spades et Motörhead. (Motörhead.1978)

 3. Judas Priest

Dans un genre moins marqué par le punk rock, Judas Priest sera le seul groupe à faire un peu d’ombre à Black Sabbath dans ce nouveau genre qu’est le Heavy.

En 1977, Sin after sin sort et fait de Judas Priest, le groupe de métal le plus puissant du moment.

Judas Priest fait sensation car il s’est débarassé de l’influence blues rock des fondateurs pour jouer un métal menaçant, rapide avec un chanteur à la voix surpuissante dans les aigus.

Le look cuirs, clous et chaînes et la musique agressive et rapide vont faire école et lancer une nouvelle vague de groupes métal…

Ce premier album de Heavy métal en tant que genre à part entière, ce look et attitudes vont donner le ton de toute une décennie de musique Métal.

A écouter :

Judas Priest: Take on the world. (Killing machine.1978)

C. Looks, esthétiques et influences 

Pour bien comprendre le Métal, il faut savoir que c’est loin de n’être qu’une musique plus violente que les autres.

Car le Métal ne peut se résumer à la musique, c’est un mouvement artistique à part entière comprenant ses codes esthétiques, vestimentaires, culturels.

Le mouvement ne vient pas de nulle part, il est le résultat d’une tradition.

Les looks, l’apparence, l’esthétique des pochettes d’albums, les influences des textes de chansons, l’approche musicale et l’attitude en concert et dans la vie des membres de ce mouvement, voilà ce qu’il faut aborder ici pour bien comprendre le mouvement.

  1. Le Look  a) Le look du hardos des 70’s 

Au départ rien ne distingue un rocker d’un hard rocker.

Les musiciens de Led Zep ou de Deep Purple portent des cheveux longs, des jeans, de belles chemises ou de simples t-shirts bref ils arborent un look plutôt hippie comme leur public.

Peu à peu, avec la nouvelle génération de groupes Hard, on voit réapparaître le blouson de cuir symbole de la rébellion des 50’s : le perfecto.

A la fin de la décennie, le fan de Hard rock est plutôt habillé d’un perfecto de cuir noir, t-shirt, jean et baskets. Il a les cheveux longs et une attitude toujours très cool.

b) Le look heavy métal des 70’s 

Il reste sensiblement le même que celui du Hard rock.

Toutefois suivant des groupes comme Black Sabbath, les amateurs s’habillent de couleurs plus sombres.

Motörhead groupe de biker par excellence apporte un coté motard au look, pantalons de cuir, blousons en jeans, gros ceinturons.

  1. L’attitude  

Le jeu de scène des pionniers comme Led Zeppelin reste proche de celui des hippies bien que les ambiances soient plus électriques.

Ce sont les groupes comme AC/DC, Black Sabbath, Judas Priest qui commencent à intégrer de vrais décors de scènes en rapport avec leurs univers :

Ambiance cimetière pour le Sabbath, déguisements de sales gamins pour AC/DC, arrivée sur scène en moto pour Judas Priest par ex.

Peu à peu le Métal devient un genre autant visuel que musical.

  1. Les influences du métal  a) Le social              

Le contexte social de la deuxième moitié de la décennie, la crise économique ont brisé le rêve hippie. La jeunesse se confronte à un monde plus dur que celui des 30 Glorieuses, il est logique que ses goûts se dirigent vers une musique plus emblématique de ce monde nouveau.

b)  La littérature

La littérature médiévale, le Cycle Arthurien, les livres de Tolkien ont influencés Led Zeppelin.

Black Sabbath très marqué par la littérature fantastique veut faire de la musique d’horreur.

Généralement la littérature de science fiction va servir de réservoir à idées pour les paroles et les thématiques de nombreux groupes de Métal de la décennie et des suivantes.

Certains auteurs vont même jusqu’à écrire des paroles, Michael Moorcock pour Blue Oyster Cult et Hawkwind par ex.

La littérature d’Heroïc Fantasy, la bande dessinée ont aussi une grande influence sur l’univers des groupes, ils y puisent leurs noms, leurs thématiques d’albums.

Les illustrateurs de BD sont recherchés pour dessiner les pochettes de disque…etc

On pioche également dans la littérature gothique et d’épouvante du 19ième, Mary Shelley, Edgar A. Poe, Lovecraft, Maupassant.

c) L’occultisme

Le rock a toujours eu un penchant pour l’occultisme, l’ésotérisme.

De Mick Jagger, fan d’Aleister Crowley (mage sataniste prônant la liberté individuelle sur la morale) à Jim Morrison, adepte de la sorcellerie et du chamanisme indien, bon nombre de rockers, écrivains (Baudelaire, Poe.etc), artistes se sont intéressés à un moment ou à un autre à l’occultisme.

Les métaleux vont faire de même.

Dès les débuts du Hard, Black Sabbath, désireux de choquer à peu de frais, entoure sa musique d’un halo satanique et de sorcellerie de grand bazar et la censure en résultant va les propulser en haut des classements.

Puisque ça marche, beaucoup vont suivre cette façon facile de faire parler de soi, arborant une ambiguïté de façade, le public flairant avec joie la blague, bien content de faire hurler parents et professeurs.

La réputation sulfureuse de ce courant musical reste encore maintenant la plupart du temps un fait dénué de tout fondement sérieux.

d) Le cinéma

Difficile de savoir qui influence qui.

Le cinéma fantastique, gothique et d’horreur se développe en même temps que le Métal.

Disons qu’une sphère d’artistes influencés par la littérature de genre va se lancer soit dans la musique soit dans le ciné et vont s’influencer mutuellement.

Ainsi de nombreux groupes de Métal apparaîtront dans les films, sur les BO.

Conclusion des années 70

Led Zeppelin, Black Sabbath, Motörhead, ont montré différentes façons de jouer du Métal.

A la fin des années 70, deux scènes coexistent, le Hard et le Heavy, et grosso modo le succès va plutôt du coté des moins radicaux chez les hard rockers.

Le public rock de la fin des années 70 plébiscite les hardos, Scorpions AC/DC, Queen vendent des millions d’albums.

Le Heavy reste quant à lui une musique d’initiés, de spécialistes ou de motards car faisant moins de concessions.

Mais en 10 ans, le Métal est devenu un genre à part entière même s’il reste décrié, méprisé et censuré par les médias.

Les années 70 ont vu la naissance du Métal, les années 80 vont voir son explosion. »

II. ANNEES 1980 – 1999

Les Années 80. La Radicalisation

A. Le Hard rock 

Pour bien comprendre les années 80 et le destin du Métal, il faut se souvenir que la fin des années 70 voit surgir le mouvement Punk.

Celui-ci ravage toute la scène artistique et pas seulement musicale, il ringardise instantanément le mouvement Hippie, le psychédélisme et le Rock classique.

Le Hard rock baba cool des débuts n’y résistera pas, passant de mode, il va disparaître.

Il ne reste que deux alternatives au Métal en 1980, soit il poursuit la voie commerciale en produisant un Hard rock de variétés grand public soit il se radicalise pour rivaliser de violence avec les punks.

Le Hard va suivre la première option.

  1. Déclin du Hard 

1980 : Les pionniers se sont séparés pour diverses raisons : mort, ego…

Les groupes apparus à la fin des 70 eux survivent, leur musique plus agressive que celle de leurs aînés colle plus à l’esprit du temps.

Ainsi Scorpions, AC/DC continuent à vendre des pelletées de disques et n’ont jamais été aussi populaire.

En France, c’est le groupe Trust qui symbolise le mieux  la période, malgré le fait qu’il s’exprime en français, Trust s’exporte partout en Europe.

Néanmoins cette génération de groupe va peu à peu s’essouffler au cours des années 80, elle va laisser la place. La scène européenne Hard rock s’étiole remplacée par les groupes de Heavy.

Mais à la fin de la décennie, le Hard est relancé par le carton de « Appetite for destruction » de Guns n’ Roses en 1987.

A lui seul le groupe et son splendide album de Hard rock agressif remet le Hard au goût du jour et permet le retour de grands anciens comme Aerosmith ou Whitesnake.

Ce come back commercial va hélas rapidement dériver et aboutir à une impasse « variétoche » avec ce que l’on va appeler « Hard FM ».

A écouter: 

AC/DC: Hells Bells (Back in black.1980)

Trust: Antisocial (Repression. 1980)

Guns n’ Rose: Welcome to the jungle (Appetite for destruction. 1987)

Aerosmith: Dude looks like a lady (Permanent vacation. 1987) 

 2 . Le Hard FM ou Hair metal  

Le mouvement punk rock avait quelque peu ringardisé le Hard rock de la fin des 80’s.

Mais la renaissance due à Guns N’Roses et son succès va faire fleurir un nouvelle flopée de groupes aux USA. Seulement, ces groupes ne vont pas faire dans le compliqué, ils vont recycler les vieilles méthodes, associer provocations faciles et mélodies grand public.

C’est la naissance du Hard FM aussi nommé Hair Métal ou Glam métal.

Ils sont ainsi dénommés à cause de leur musique formatée pour les radios et de leur look extravagant mélangeant coiffures permanentées, vêtements unisexe, silhouette et maquillage androgyne à la David Bowie.

Rendant leur musique plus douce, donc plus accessible, par le biais de belles ballades mais en récupérant l’exubérance vestimentaire des punks, ils vont connaître le succès.

On peut citer Bon Jovi, Van Halen, Motley Crüe, Skid Row pour les plus talentueux.

Bien que moins créatif le Hard rock continue à vendre, mais l’intérêt faiblit.

A écouter: 

Van Halen : Jump (1984. 1984)

Bon Jovi : Livin’ on a prayer et You give love a bad name (Slippery when wet. 1986) 

B. Le Heavy Metal 

Si le Hard rock périclite, le Heavy se porte bien.

Mieux que cela, c’est à un véritable bouillonnement créatif auquel on va assister durant toute la décennie.

Le succès du Hard Rock a entraîné un élargissement du public métal au cours des années, amenant nombre de jeunes à s’investir dans des groupes.

Cet effet de masse génère de nombreux groupes talentueux et créatifs, qui vont poursuivre le processus de radicalisation commencé par Motörhead et le pousser à l’extrême.

Les années passant, le Métal va ainsi peu à peu se diviser en dizaines de sous genres, chaque génération refusant de rejouer exactement de la même façon que la précédente.

  1. La N.W.O.B.H.M. 

Suivant les traces des glorieux aînés du Sabbath, de Motörhead et de Judas Priest, la nouvelle génération Heavy déboule d’Europe et surtout d’Angleterre.

Iron Maïden, Def Leppard, Saxon, Manowar…etc récupèrent le goût du spectacle et les atmosphères effrayantes de Black Sabbath et surtout l’énergie, les rythmes rapides de Motörhead.

Ils y ajoutent une accélération des tempos, une complexification des compositions mais aussi la mise en avant du solo de guitare à la façon des guitar héros du Hard rock.

Bref ça joue plus vite et plus fort.

Autre nouveauté, l’univers visuel et esthétique des groupes sont désormais exploités.

L’illustrateur d’Iron Maïden fait partie du groupe, il dessine les décors de scènes, les pochettes, les t-shirts…etc

L’univers mi S-F mi horreur d’Iron Maïden est décliné sous toutes ses formes, c’est la naissance du merchandising métal qui explose dans les années 80 :

Ex : Images de Maïden

A noter que le merchandising métal cartonne contrairement à celui des autres genres. Les gamins et grands gamins sont friands de tout ce qui tourne autour de leur groupe, on vérifie ainsi que le Métal n’est pas seulement une musique mais aussi une esthétique.

Malgré la radicalité de leur musique, ces groupes vont connaître le succès.

Iron Maïden va vendre des millions de disques, remplir des stades et à lui seul faire du Métal un genre reconnu bien que toujours méprisé par le microcosme médiatique.

Cette vague de groupes va s’essouffler à la fin des années 80, moins créatifs ils laisseront la place à une nouvelle génération.

Aujourd’hui seul Iron Maïden poursuit sa route avec succès, essentiellement grâce à son statut de légende du Métal.

A écouter:

Iron Maiden: Run to the hills (The Number of the beast.1982)

Tygers of Pan Tang: Don’t take nothing. (Wild cats.1980)

Saxon: 747 Strangers in the night ( Eagle has landed. 1982)

Manowar: Kill with power ( Hail to England. 1984) 

 2. Le Speed Metal  

Dans cette nouvelle vague du Heavy anglais, il ya un groupe un peu en marge, Venom.

Dès son premier album, Venom se démarque par sa violence et la vélocité de ses mélodies.

Les albums suivants du groupe ne connaîtront pas vraiment le succès mais ils vont avoir une influence gigantesque sur plusieurs générations de musiciens, inspirant la création de plusieurs genres différents.

Dès 1982, Metallica tout jeune groupe américain a assimilé l’influence de Venom et Motörhead. Ils veulent comme leurs aînés, jouer plus vite et plus fort que quiconque.

Ils commencent à tourner avec des titres de métal ultra rapide, violent et légèrement tourné vers le rock progressif.

En 1983, Metallica sort Kill ‘em all son premier album qui fit instantanément du groupe une légende du métal.

La vitesse d’exécution musicale fait naître des rumeurs, le groupe aurait accéléré les bandes en studio.

Anthrax, Mégadeth vont suivre dans le même genre.

Le Speed métal :

C’est simplement du Heavy métal joué beaucoup plus vite.

La musique est plus violente, les paroles aussi, le discours change.

Des mondes mythologiques aux décors horrifiques de Black Sabbath et Iron Maïden, avec leurs paroles sataniques à l’horreur très second degré, on va passer à un discours plus dur, plus sérieux.

Metallica aborde les soucis de la jeunesse, la peur du lendemain, la mort, le désespoir adolescent et des sujets de société comme la partialité de la justice, la drogue, la violence politique des années Reagan…etc

C’est le retour à la réalité, on sort du cirque.

Ce discours entraîne l’adhésion immédiate de la jeunesse, on assiste au même engouement pour Metallica que celui pour Iron Maïden quelques années plus tôt.

Cette onde de choc Métal essuie aux USA une volée de bois vert de la part des institutions, la censure de l’Amérique puritaine va précipiter le métal dans un ghetto (spécialité US)

Face à ce rejet officiel mais conforté par le soutien des fans et des ventes de disques, le mouvement va poursuivre sa radicalisation.

A écouter: 

Venom: Welcome to hell. (Welcome to hell. 1981)

Metallica : Hit the lights.(Kill ‘em all.1983)

A.D.X. : Fortune telling. 

 3. Le Thrash metal 

On l’a vu Venom influence Metallica et toute la vague Speed Métal.

Mais cette vague là va se déliter rapidement, la course à la rapidité ne pouvant pas aller à l’infini.

Mais si Venom avait initié une avancée niveau rapidité, il en avait initiée une autre au niveau de la férocité musicale.

Or tous les jeunes groupes du moment ne souhaitant pas se lancer dans le Hard FM ou le Speed métal, certains souhaitaient lancer le métal dans une voie plus extrême.

Ainsi, en 1983, Slayer débute son énorme carrière avec Show no mercy.

Influencé par Venom et Metallica, ils mélangent le tout et créent le Thrash métal. To thrash : battre, rosser. On monte encore d’un cran dans la violence sonore, on joue un peu plus vite.

Le chant est aboyé, les paroles sont des imprécations visant à choquer par leur contenu subversif (psychopathe, massacres, crimes…etc)

On reconnaît le genre à la façon de chanter très agressive.

En 1986, Slayer sort le chef d’œuvre du genre « Reign in blood » qui reste encore maintenant une référence incontournable du métal extrême.

Suivant les traces de Slayer, les groupes de Speed métal évoluent aussi vers le thrash.

Metallica, Megadeth, Anthrax rejoignent le mouvement bientôt suivis par de nouveaux groupes de légende comme Sépultura.

Ce mouvement est cette fois ci international, les groupes viennent des USA mais aussi du Brésil (Sépultura), de France (Loudblast, Massacra), d’Allemagne (Kréator).

Tous ces groupes existent encore et sont toujours très respectés bien qu’évoluant dans des styles différents.

A écouter: 

Slayer: Angel of Death.(Reign in blood. 1986)

Metallica: Master of puppets. (Master of puppets. 1986)

Sepultura: Desperate cry. (Arise.1991)

Loudblast: Disquieting beliefs

Coroner: Masked jackal. (Punishment for decadence.1988) 

 Après 1986, année de référence pour le Thrash, il est peu à peu récupéré par l’industrie musicale.

La musique devient de plus en plus formatée, s’affadit et les gros vendeurs comme Metallica ont tendance à utiliser les grosses ficelles pour séduire un plus large public.

L’apparition du Death métal sera la conséquence de ce piétinement du Thrash.

C’est le groupe américain Death qui va donner son nom au nouveau genre.

  1. Death metal 

Comment caractériser le Death ?

Brutal et intense, le Death est remarquable par son chant guttural atypique, par les prouesses techniques des musiciens dans les passages rapides et par son atmosphère glauque.

Le son de guitare est très bas dans les graves, on alterne passages lents et lourds et accélérations soudaines ultra rapides (les Blast Beat)

La batterie est jouée en rafales, l’évolution technologique du matériel permettant d’augmenter les prouesses des batteurs et la différence la plus audible est sur la voix, hurlante et grondante dans le Thrash, elle devient gutturale et rugie dans le Death.

Les paroles sont difficilement compréhensibles tant le chant est saturé mais les textes ainsi que les atmosphères tournent autour des clichés du cinéma d’horreur et du satanisme.

Des techniques vocales propres au métal permettent aux chanteurs d’obtenir des tonalités basses surréalistes.

Cela donne un genre très oppressant, censé déclencher le malaise et l’anxiété comme un bon film d’horreur, le tout au second degré, évidemment.

Ce que recherche avant tout le fan dans cette musique, c’est une catharsis à ses angoisses et non pas à vouer un culte à Satan ou à une divinité quelconque, le fan de Métal se fichant en général de la religion comme de sa première chemise de bûcheron.

Malgré tout, la volonté de choquer à tout prix de groupes satanistes d’opérettes comme Deicide ou Morbid Angel, a attiré les médias comme des mouches ce qui scella la réputation du genre.

Pour finir on peut dire que le Death métal est à la musique ce que le gore est au cinéma, son rayonnement est faible mais il influencera énormément le métal à venir.

Ce genre existe toujours avec ses fondateurs Death, Entombed ou Obituary quant à la scène death actuelle, elle se tourne soit vers le Brutal death ou vers le Death progressif.

Très underground, ce genre se limitera au milieu des puristes du métal, aucun groupe de Death pur ne percera réellement vers le grand public.

Les musiciens des grands groupes de Death sont très respectés par le milieu pour leur technique instrumentale.

Le Death comme le Métal progressif ou le Métal symphonique demande en effet une maîtrise sans faille de chaque instrument.

A écouter:

Entombed Wolverine Blues. (Wolverine Blues. 1992)

Obituary: Back to one et The end complete. (The End complete. 1992)

Sepultura : Refuse/Resist. (Chaos A.D. 1993) 

 5. Grindcore 

Encore un peu plus brutal, le Grind s’inspire du Death en simplifiant les structures des chansons et en les accélérant encore.

Les titres sont très courts parfois moins de 30 secondes, bruitistes et violents.

Les titres s’enchaînent sans temps mort, joués de façon ultra rapide.

Le son est volontairement crade et le chant est guttural comme dans le Death, avec des passages à deux voix, l’une criée et l’autre gutturale plus basse.

Les textes abordent des thèmes gores mais aussi politiques, d’extrême gauche.

Très underground et très politisé, le mouvement s’appuie sur un réseau de fans.

Recyclant l’idéologie Do It Yourself (Fais le toi-même) des Punks, le Grind refuse toute compromission, les labels sont autoproduits, les groupes tournent dans des squats et refusent d’être commercialisé en dehors de leur réseau.

Du coup peu en vivent, les productions d’albums sont payées par les souscriptions des fans.

Comme pour le Death, le Grind est une réaction au matraquage médiatique du hard FM et de certains groupes de thrash commerciaux.

A écouter:

Napalm Death : Instinct of survival et Life (Scum. 1987)

Carcass 

Bolt Thrower  

 6. Le Black métal 

Le premier album de Venom avait lancé le Speed et le Thrash métal.

Le second « Black Métal » va faire autant d’émules et créer le Black Métal.

Sur ce deuxième CD, Venom joue à 100 à l’heure, sans temps mort.

Les textes font référence à des thèmes d’horreurs gothiques, les ambiances sont noires au possible.

Issu du Thrash donc, le Black métal se différencie par ses influences et par certains points musicaux.

Les guitares sont beaucoup plus saturées, la musique est moins mélodieuse plus hachée et plus sombre. Le son en studio est rendu moins propre, plus crade que pour le thrash, on cherche à ôter toute notion de plaisir d’écoute, le Black métal doit être une souffrance.

On peut définir le Black métal comme du Thrash lugubre et martial.

Ce coté lugubre vient  des influences littéraires des musiciens de Black métal.

Ceux-ci puisent leurs textes dans la littérature gothique et la mythologie scandinave dont ils ne retiennent que les aspects les plus violents et obscurs !

L’attrait pour la mort, la folie, l’occultisme, est poussé à l’obsession.

Les musiciens se griment en morts vivants, les ambiances sont malsaines, la musique est glauque en plus d’être brutale.

La scène Black métal se concentre surtout sur la Scandinavie, elle connaîtra son développement principal pendant les années 90.

A écouter :

Venom : Die hard. (Black métal. 1982)

Bathory : The Return of the darkness and evil. (The Return of the darkness and evil.1985) 

  1. Le Grunge 

Le Grunge fut un mouvement musical éphémère largement médiatisé par le succès de Nirvana, le groupe de Kurt Cobain.

Il apparaît dans le N-O des USA à la fin des 80’s, à Seattle.

C’est un tout jeune label « Sub Pop », spécialisé dans le rock alternatif de la région de Seattle qui grâce à une politique originale va lancer le nouveau mouvement.

La politique éditoriale de Sub Pop est simple, privilégier l’authenticité et la spontanéité, l’énergie brute, reprenant en cela les recettes du Punk rock.

Ainsi le label développe des groupes jouant un mélange de Punk rock, de Métal et de Rock garage.

Jouée par des jeunes n’ayant connu que la crise et s’adressant à un public adolescent, les thèmes de la détresse ado, inadaptation sociale, absence d’idéaux, monde violent, futur incertain, vont faire mouche chez une génération qui n’avait rien à se mettre sous la dent musicalement pour calmer sa révolte. (à part le métal extrême mais c’est un genre underground)

Le succès immédiat de Nirvana va lancer la carrière de tous les autres groupes du genre comme Soundgarden, Mudhoney par exemple.

Médiatiquement les groupes Grunge vont pousser vers la sortie tous les groupes de Hard FM,de Heavy métal traditionnel.

 A écouter: 

Nirvana : Big cheese et Floyd the barber. (Bleach.1989)

Soundgarden : Jesus Christ pose. (Bad motorfinger. 1991)

Mudhoney : Suck you dry. (Piece of cake. 1992) 

C. Look, esthétiques, influences

 1. Le Hard rock 

a. Le look. 

Le look du fan de Hard varie peu, un perfecto en cuir, le t-shirt du groupe préféré, un jean serré et des baskets.

Ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un cuir, arborent une veste en jean ou ils ont cousu des patches à la gloire de leurs groupes fétiches…etc

Par contre, les looks des groupes commencent à devenir marrant.

Très influencés par l’outrance des artistes glam comme Bowie ou par l’exubérance des punks, leur look est extravagant mélangeant coiffures permanentées, vêtements unisexe, silhouette et maquillage androgyne à la David Bowie.

Leurs cheveux longs toujours coiffés avec soin  valent à leur musique le surnom de Hair métal, métal à cheveux.

Pour les plus discrets, la veste de costume se porte sur un jean façon Miami Vice !

Quelques exemples : Europe, Motley Crue, …etc

b. Esthétique et attitude :

A l’image du look, très tape à l’œil.

A comparer avec le Rap américain actuel : bagnoles, femmes dénudées, alcool et argent

Les clips sont pathétiques mais les concerts très spectaculaires.

On reste dans l’imagerie du mauvais garçon, toujours un peu asocial.

c. Les influences :

La pauvreté des textes est sidérante, le but étant de vendre au maximum, on fait dans la facilité.

Bref seuls quelques groupes relèvent un peu le niveau comme AC/DC ou Trust, l’un en restant fidèle à la tradition rebelle du rock et l’autre en véhiculant un discours social militant.

  1. Le Heavy métal 

 a. Le look

Cela dépend des sous genres mais en général, on revient à un look jeans-Tshirt-baskets-cheveux longs sans permanentes !

– Heavy métal traditionnel :

La mode est au pantalon moulant zébré ou panthère en lycra, vestes en jean agrémentées de dessins brodés ou motifs cousus, de clous et aux bracelets cloutés.

Ex : Iron Maïden

– Speed et Thrash :

Look plus sobre, tenues sombres.

Ex : Métallica

– Death et Grindcore :

Tenues négligées, pantalons de jogging, chaussures de basket et T-shirt d’autres groupes.

Ex : Sépultura

– Black métal :

Les tenues essentiellement de cuir noir sont dessinées sur mesure de façon à donner un look de guerrier nordique.

Les visages sont fardés de blanc et de noir, de façon à donner une impression de mort vivant.

Ex : Dimmu Borgir

– Grunge :

Jeans troués, Doc Marten’s hors d’âges, T-shirts et chemises de bûcherons à carreaux avec des pulls informes. Le tout est récupéré dans les friperies, puces et autres braderies.

Ex : Nirvana

 b. Esthétique 

Elle varie également selon le sous genre.

-Heavy métal :

La mode est au Métal dans le milieu rock.

La volonté habituelle du public de s’identifier à ses groupes préférés les amène à s’habiller de la même façon.

Cela crée une forte demande pour les produits dérivés, ainsi naît le merchandising métal qui connaîtra un succès sans précédent dans l’histoire du rock.

Succès toujours pas démenti à l’heure actuelle, il suffit de voir une cour de récré de nos jours.

Cela vient essentiellement du coté très visuel du genre, depuis Black Sabbath, les groupes de Métal cherchent à se singulariser autant musicalement que visuellement.

Emblématique de l’esthétique du genre, Iron Maïden.

C’est le premier groupe à accorder autant d’importance à l’esthétique de son univers.

Un ami illustrateur dessine la pochette du premier album, un personnage à la tête de mort.

Le personnage en question rencontra un grand succès et devint ainsi « Eddie The Head » la mascotte officielle du groupe.

Eddie est décliné en posters, T-shirts, patches, bagues.

Tout l’univers du groupe tourne autour de la mise en scène de Eddie qui devient aussi le personnage central de plusieurs morceaux.

En concert, les décors sont dessinés par de grands illustrateurs, toujours autour de la mascotte.

C’est le grand début du merchandising métal qui compte aujourd’hui tout autant que la vente des disques pour les groupes.

En général, l’esthétique des groupes de Heavy est inspirée de la littérature de S-F.

Les illustrateurs des pochettes de Cd viennent souvent de la BD et sont des disciples de Druillet ou Moebius.

– Speed et Thrash métal :

Elle suit grosso modo l’inclinaison prise par les prédécesseurs heavy, l’attitude étant juste un poil plus sérieuse, plus agressive.

– Death et Grind :

L’esthétique du genre découle directement de l’influence du cinéma d’horreur et gore.

Les atmosphères musicales malsaines sont renforcées par l’éclairage glauque des concerts.

Les pochettes des cd représentent des scènes morbides (massacres, charniers, meurtres…etc)

– Black métal :

Noire et glaciale, en accord avec le look.

Esthétique donc très influencée par le satanisme et la mythologie nordique et le gothique.

Les concerts ressemblent à de grandes messes noires.

-Grunge :

Dépouillée, les pochettes de cd sont généralement des photos prises en concerts, en noir et blanc.

Pas de décors de scènes, pas de jeux de lumières, on est loin de toute ostentation.

c. Attitude

L’attitude des groupes sur scène et celle du public varient fortement par rapport au rock.

Le headbanging : les musiciens battent la mesure en hochant la tête, le public fait de même ce qui donne un effet spectaculaire puisque la majorité des fans de Métal ont les cheveux longs.

 Le pogo : danse punk consistant à se projeter les uns contre les autres le tout en rythme.

Cette danse est récupérée, rendue un peu plus violente, on se repousse des poings et des pieds.

Mais ce défoulement collectif se fait sans volonté de blesser l’autre, il est une façon de prouver son courage et son endurance.

Il est souvent le fait des plus jeunes, sorte de rituels initiatiques, les plus anciens ayant déjà donné…

Cette danse ne se généralise pas à tout le public, elle est circonscrite au centre et devant la scène, le « pit » ou « fosse ».

Certains genres de Métal plus techniques ont un public plus statique, les gens sont concentrés sur les prouesses des musiciens, Métal progressif, Death métal mélodique, Hardcore.

Le stage diving :

Au début des 70’s, Iggy Pop, alors chanteur des Stooges groupe de rock garage américain, sauta dans le public tête en avant, se faisant porter par une mer de bras tendus.

Il venait d’inventer le « stage diving », activité très populaire dans le milieu Punk et Métal.

Ainsi lors des concerts, les fans tentent de monter sur scène pour se jeter dans la foule.

Quand le service d’ordre rend impossible la montée sur scène, les gens se font la courte échelle afin de sauter suffisamment haut pour surfer sur la foule.

Le signe du diable : (Horns Up)

Le poing fermé avec index et auriculaire tendu. C’est le signe de reconnaissance des  fans de métal. Quelque peu galvaudé aujourd’hui car utilisé par des groupes de variété pour ados ( SUM 41, Avril Lavigne…etc)

C’est au départ le chanteur Métal Ronnie James Dio, qui constata que sa grand-mère italienne faisait ce geste pour exorciser ou conjurer un événement qu’elle pressentait comme maléfique.

Il récupéra le geste dans sa gestuelle scénique et lança une mode.

Pour marquer son enthousiasme, le public Métal dirige ce geste vers la scène lors du concert.

Aujourd’hui, dans le milieu Métal, ce geste est devenu plutôt un clin d’œil.

Pour finir sur l’attitude générale des fans de Métal, on dira que les gens gravitant dans le milieu Métal sont en général des gens assez décontractés, hédonistes et généreux dans l’effort !

Plutôt cool et tolérant, le milieu n’est pas fermé sur l’extérieur, n’importe qui peut aller à un concert de Métal et en revenir sain et sauf !

d. Les influences.

Elles sont nombreuses, on l’a vu.

– Dans le Hard rock, le Hard rock FM, le Hair métal peu d’influences autre que les thèmes classiques du Rock, sexe, drogue, alcool, bagnoles.

– Dans le Métal, c’est plus complexe.

La musique s’inspire du cinéma, de la littérature, de l’histoire et des beaux arts et ceux-ci parfois vont en retour s’inspirer de l’esthétique métal dans leurs œuvres.

Il est vrai que le bouillonnement créatif de la scène Métal des années 80 le permettait.

Le Heavy métal traditionnel puise ses thèmes et ses références dans de multiples médias.

Iron Maïden puise son inspiration dans des thèmes historiques, la bataille de Londres pendant la seconde guerre mondiale, l’egyptologie…mais aussi dans la littérature d’anticipation.

Edgar Allan Poe, Lovecraft, Huysmans, Mary Shelley ont eu une influence décisive sur bien des albums de Métal.

Les épopées mythologiques celtes, nordiques servent de fonds aux concepts albums des groupes de Black métal. Ils puisent pour certains dans la littérature occulte, satanique et pour d’autres dans le mouvement artistique gothique.

La littérature d’épouvante, les adaptations au cinéma de Stephen King, le cinéma gore sont le fond de commerce des groupes de death métal.

Les Thrashers eux sont plus terre à terre, les thématiques sont sociales, politiques comme dans le Grindcore et le Grunge.

Conclusion sur les années 80

 Les années fastes : Dans les 80’s, le Hard et le Heavy métal rencontrent le succès. Ainsi de 1980 à 1985, les genres touchent de plus en plus de monde, les courbes des ventes s’affolent.

Mais de plus en plus, les grandes maisons de disque tentent de récupérer le mouvement afin de le vendre au plus grand nombre.

Pour ce faire, elle incite les groupes en place à diminuer la violence de leur musique, à gommer les aspects trop sombres de leur univers.

Parallèlement, elle lance de nouveaux groupes formatés pour la radio, sans génie ni talent réel.

Les fans de Métal, le public de base du genre va refuser de suivre cette tendance commerciale.

Le rejet entraînera un durcissement de la scène Métal et une course vers les extrêmes.

Ainsi, de 1985 à 1990, le Métal se divise en multitudes de petites chapelles.

Chaque petit sous-genre s’adressant à un réseau bien précis, avec ses labels, ses éditeurs, ses lieux de concerts…etc

La décennie s’achève sur ce paysage coupé en deux, un métal commercial affadi mais médiatisé et un Métal pur et extrême, underground.

C’est exactement ce qu’il s’était passé pour le mouvement Punk.

A noter que même si le Métal commercial galvaude quelque peu l’image du Métal en véhiculant de nombreux clichés, il emmène tout de même de plus en plus de jeunes à écouter du vrai Métal, ainsi le genre se porte très bien à la fin des 80’s.

 III. Les années 90 : le métissage  

 A. Le Heavy métal des 80’s

Au début des 90’s, le Métal est scindé en deux parties, une scène grand public et une scène underground plus extrême réunissant de multiples sous-genres.

Qu’en est-il de la scène grand public ?

  1. Le Métal grand public  

Deux groupes perpétuent l’attrait du grand public pour le Métal :

Guns ‘n Roses et Metallica.

Leurs albums des années 90 vont ouvrir la porte du Métal à des millions de jeunes en  arrondissant les angles de leur Hard rock pour les premiers et de leur Thrash pour les seconds. Ils vont connaître un immense succès sur la scène internationale, notamment grâce à leurs splendides ballades dans la plus pure tradition du Métal.

Ils font à eux seuls du Métal un genre populaire et à la mode et vendent des millions d’albums.

Avec Nirvana, Guns ‘n Roses et Metallica, le Métal n’a jamais été aussi populaire ni aussi lucratif.

Le genre rentre dans les mœurs et commence à moins souffrir de sa mauvaise réputation.

On peut dire qu’en rentrant un peu dans le rang, le Métal devient une institution.

A écouter:

Metallica: Nothing else matters et Enter sandman. (Metallica. 1991)

Guns n’ Roses: Don’t cry et November rain. (Use your illusion I. 1991)

  1.  Le Métal underground 

Tout d’abord, un bref panorama des genres déjà existant dans les 80’s.

a. Du Thrash au Power métal.

Le Thrash est victime de son succès, il a tendance à se commercialiser, il s’affadit et se coupe peu à peu de sa base de fans.

Certains groupes Thrash historiques comme Metallica connaissent le succès avec cette version édulcorée du genre mais en général, les groupes vont évoluer en métissant leur musique avec d’autres sonorités ou en s’orientant vers le Death, le Hardcore.

Ainsi peu à peu le Thrash dérive en un nouveau genre plus métissé, le Power métal.

Ainsi des groupes comme Pantera ou Machine Head font leur apparition.

La musique garde la puissance du Thrash mais le tempo s’est ralenti, les rythmes sont lourds, on alterne passages rapides et passages calme.

Le chant n’est plus seulement hurlé, les vocalistes de Power métal sont souvent d’excellents chanteurs capables d’alterner facilement chant saturé et chant clair.

Ex : Phil Anselmo de Pantera.

Un autre facteur important dans le développement de ce genre, ce sont les innovations technologiques en studio.

En 1990, des groupes Thrash comme Slayer ont mis la sauvagerie sonore à un niveau inégalable. Les groupes de Power métal ne cherchent donc pas à surenchérir.

Par contre la nouvelle façon de mixer un album, les nouvelles prises de son en studio permettent de produire un rendu sonore d’une épaisseur sans précédent.

Le son est d’une grande qualité et permet de donner une impression de puissance énorme.

On peut ainsi jouer une musique très violente en restant sur des compositions parfaitement audible.

Ex : Montrer la différence entre « Reign in blood » et « Roots ».

A écouter:

Pantera: Cowboys from hell. (Cowboys from hell.1990)

Machine Head: Take my scars. (The More things change.1997)

Sepultura: Refuse/Resist. (Chaos A.D. 1993)

La période voit la progressive disparition du Heavy, du Thrash et du Speed métal devenus trop commerciaux, pas assez créatifs.

Mais certains groupes ont poursuivi dans la voie, anciens ou nouveaux.

Il y a encore une fois une différence entre la scène américaine et la scène européenne.

On distingue ainsi le Power métal américain du Power métal européen.

Power métal européen :

L’Europe était on l’a vu la terre de prédilection du Heavy Métal dans les années 80.

Les Iron Maïden, Helloween, Manowar ou Dio refusèrent de suivre la surenchère de la violence du Métal extrême tout autant que la dérive Hard FM américaine.

Ils poursuivirent donc leur chemin, se disant les acteurs d’un « True Métal » (le vrai métal).

Ils continuèrent donc à produire un Heavy métal traditionnel suivi en cela par un public de fidèles passionnés, notamment en Allemagne et en Angleterre.

Point commun de tous ces groupes, les thématiques.

Sagas historiques, épopées médiévales, mythes celtiques, les compositeurs s’inspirent aussi de littérature fantastique, d’Héroïc Fantasy, de cinéma de genre également.

On navigue dans des univers à la Tolkien ou dans des mondes guerriers comme celui de Conan le Barbare.

Durant les années 90, le genre va évoluer peu à peu vers ce que l’on peut décrire comme du Métal symphonique.

En effet, poursuivant la démarche de Richie Blackmore ou Yngwie Malmsteen, premiers musiciens de Métal à intégrer des éléments classiques à leur musique, les Stratovarius, Iced Earth, Kamelot, Luca Turilli composent un Heavy métal mêlant piano, violon, clavecin, flûte, chœurs classiques et instruments électrique saturés.

Souvent amateurs de Classique, sortant des conservatoires, ils mettent à profit leurs connaissances musicales pour créer des symphonies Métal.

Sur des thèmes classiques inspirés des grands compositeurs, les guitares s’affrontent en un déluge de notes, les chanteurs vocalisent sur plusieurs octaves des chants emphatiques.

Les arrangements sont sophistiqués et le son particulièrement soigné.

Mise à part la puissance développée, on est loin du Power métal américain.

A écouter:Kamelot, Iced Earth 

b. Le Death.

Le Death poursuit son ascension, se radicalisant encore.

La scène Death est créative, elle évolue avec différentes directions :

Death Gore: Cannibal Corpse; Death Thrash: Strapping Young Lad; Brutal Death : Suffocation; Mélodic Death Métal : Dark Tranquillity, Opeth

Le succès est là, une frange importante des fans de Métal suit la carrière de ces artistes qui savent se renouveler, rester créatifs.

 c. Le Grindcore

De par son idéologie indépendante et anarchiste, il ne peut fonctionner qu’en milieu restreint.

Il reste donc un genre underground, simplement médiatisé par le succès de Napalm Death et de Carcass toujours présents dans ces 90’s.

d. Black métal.

Né à la fin des années 80, il se radicalise dans les 90’s.

Se concentrant en Scandinavie, une frange du Black métal sombre dans le satanisme et le néo nazisme.

Mais cette fois, ce n’est pas pour rigoler.

Une guerre sanglante éclate entre les différents leaders des groupes principaux.

A force de jouer à celui qui sera le plus sauvage, la situation dégénère et les artistes commencent à s’entretuer.

De combats meurtriers en destructions d’églises, de profanations de cimetières en suicide rituels, le pétage de plomb est collectif.

On peut citer comme chefs de file de cette scène Black métal des années 90, des groupes comme Darkthrone, Immortal, Mayhem ou Burzum.

Une fois les fous furieux morts ou en prison, les places sont libres pour des groupes moins extrémistes, plus second degré.

Ceux-ci vont profiter de l’aura sulfureuse du genre pour vendre leurs albums comme des petits pains à des ados avides de sensations fortes.

Très rentable commercialement, le Black métal de la fin des 90’s fait un malheur avec des groupes plus accessibles comme Craddle of Filth, Dimmu Borgir à l’imagerie plus gothique que sataniste. (c’est plus vendeur !)

C’est un mouvement encore assez à la mode actuellement.

A écouter: 

Craddle of Filth: Bathory aria (Cruelty of the Beast. 1994)

Dimmu Borgir: Phantasmagoria.(Spiritual Black dimensions.1999)

e. Le Grunge

Comme souvent le mouvement va être vampirisé par l’industrie culturelle.

On trouve des ensembles Grunge à La Redoute, des clones de Nirvana sont produits partout dans le monde, peu à peu le genre perd de son impact.

Le suicide de Kurt Cobain en 1994 lui porte le coup de grâce.

B. Métal et métissage

Les années 90 sont les années du métissage pour le Métal.

Après vingt ans de radicalisation, la musique pouvait difficilement aller plus loin dans l’agression sonore.

Les jeunes compositeurs vont donc chercher l’inspiration vers d’autres genres musicaux.

Ce faisant, ils sortent un peu le Métal de son ghetto sans non plus le formater « grand public ».

  1. La Fusion ou Métal crossover 

Trois groupes peuvent être considérés comme les précurseurs de la Fusion, le groupe de Hard rock Thin Lizzy, les punks The Clash et Red Hot Chili Peppers.

Premier à mélanger rock et funk, Phil Lynott, le chanteur  de Thin Lizzy fût aussi un des premiers chanteurs noir à connaître le succès dans l’univers du Métal.

Quant aux Clash, leurs derniers albums mélangeant rock et reggae ont eu également une influence indéniable sur la scène fusion.

Quelques années plus tard, les musiciens de Métal suivant cet exemple se tournèrent vers la musique afro-américaine.

Ainsi apparaissent à la fin des 80’s,  deux nouveaux styles, la Fusion et le Rap métal qui vont exploser médiatiquement dans les années 90.

La Fusion naît du rapprochement de la musique Funk (Georges Clinton, Sly & The Family Stone, Funkadelic par exemple) et du Thrash métal.

Des groupes métissés apparaissent réalisant une fusion musicale mais aussi raciale peu commune dans un Métal jusque là plutôt blanc.

Le mélange apporte un bol d’air frais, le Métal se renouvelle avec une musique plus joyeuse, plus dansante.

Au niveau des idées, le discours est tantôt revendicatif tantôt teinté d’humour potache.

On milite pour la mixité raciale contre le communautarisme, pour le respect, contre la censure, par le biais de provocations amusantes.

Là aussi, la grande maîtrise technique nécessaire pour maîtriser la fusion de ces styles musicaux fait de ces musiciens des références tous genres confondus.

Ex : Bassiste des Red Hot Peppers, chanteur de Faith No More.

A écouter: 

Living Colour: Ignorance is bliss. (Stain. 1993)

Red Hot Chili Peppers : Hollywood. (Freaky styley. 1985)

Faith No More: Mildlife crisis. (Angel dust. 1992)

Simarails : Cours vite. (Silmarils. 1995)

Infectious Grooves : Therapy. (The Plague that makes you happy.1991) 

 Le genre atteindra son apogée avec les multiples réalisations de Mike Patton avec Faith No More et Mr Bungle.

Mike Patton fait maintenant partie du ghota du Métal et est toujours maintenant un des moteurs principaux de l’évolution de cette musique.

  1. Le Rap métal 

Parallèlement à la Fusion, le Rap métal reprend la scansion du Rap, les revendications sociales et politiques pour les mélanger à la fureur du Thrash et du Punk Hardcore.

1er ex à la fin des 80’s avec Aerosmith & Run DMC, puis Anthrax & Public Enemy.

Mais le mélange n’est parfaitement maîtrisé que dans les années 90 par les Rage Against The Machine, Body Count ou No One Is Innocent.

Toujours en quête d’idéaux, la jeunesse occidentale va trouver un exutoire dans le discours du Rap métal. Cit.7

La qualité historique des musiciens Métal qui sortent souvent des grands conservatoires fait qu’ils s’approprient facilement d’autres styles musicaux.

La qualité de ce qui est produit en Fusion et en Rap métal va amener le succès commercial et permettre à toute une nouvelle génération de se lancer vers des mélanges toujours plus créatifs, faisant des 90’s la décennie du métissage.

A écouter:

Rage Against The Machine: Bullet in the head. (Rage against the machine.1992)

No One Is Innocent: Le Feu. (No One is Innocent. 1994)

Red Hot Chili Peppers: Give it a way. (Blood Sugar Sex Magik. 1991)

One Eyed Jack : Le Pouvoir. (Cynique.1995)

Body Count: KKK bitch. (Body Count. 1992) 

  1. Le Hardcore métal 1977 :

Le mouvement Punk envahit la scène rock mondiale.

Face à la crise et à la violence sociale des années Thatcher/Reagan, un mouvement de rock sauvage sort de nulle part.

Son idéologie est le Do It Yourself, le No Future et le refus des conventions et des traditions.

N’ayant de respect que pour l’instant présent, le mouvement Punk réinvente la façon de créer.

Ouvrant une nouvelle voie artistique autant dans les Beaux Arts qu’en musique, mode ou cinéma, le Punk prône le droit à tous d’être instantanément un artiste.

Ainsi apparaissent des centaines de groupes éphémères produisant une musique bruyante, désordonnée mais pleine d’énergie.

Très vite récupéré, vendu par ceux là même qui l’avaient créé, le mouvement s’étiole, fidèle à son idéal pessimiste.

1980 :

Une frange extrême du Punk, le Punk Hardcore poursuit son chemin sur une voie plus violente et plus politisée :

Dead Kennedy’s, The Exploited par ex. 1990:

Toujours à la recherche d’évolution, en pleine période de métissage musical, une partie de la scène Thrash va venir se rapprocher de la scène Punk.

Ils vont mélanger l’énergie et le discours revendicatif des punks hardcore avec leur musique technique et structurée.

Lassés des thématiques stupides du Heavy métal US, les métalleux vont trouver leur compte dans les revendications anarchistes et libertaires des punks, ainsi naît le Hardcore métal.

Fin 90, le Métal Hardcore poursuit son évolution dans différentes directions.

Plus abstraites, avec le Métal hardcore chaotique, des groupes comme Dillinger Escape Plan prennent un malin plaisir à déstructurer leurs morceaux, ôtant toute trace de mélodies en alternant les ruptures rythmiques.

Passant du Death, au Jazz contemporain par le Doom et le Hardcore classique, les morceaux composés sont dignes de l’art contemporain le plus abstrait.

Enfin certains groupes comme Nostromo accentuent la brutalité du Hardcore en y mêlant Death, Doom ou Grindcore. La qualité des instrumentistes rend cohérent le mélange et fait de cette musique à tiroir quelque chose de très intéressant à étudier.

A écouter :

Biohazard, Suicidal Tendancies, Dillinger Escape Plan , Nostromo  

  1. Le Métal progressif 

Dans la continuité des groupes de Rock progressif des 70’s comme Yes, Genesis, Pink Floyd ou King Crimson, certains groupes de Métal vont aussi vers une musique plus complexe avec un travail technique sur chaque instrument, un enrichissement, une recherche permanente pour sortir des schémas traditionnels du genre.

Le Métal progressif se caractérise par un Heavy métal complexe dans sa structure, évoluant dans un univers de science-fiction, des atmosphères épiques et romantiques.

On évite les couplets refrains habituels au profit de longues plages qui permettent d’installer des climats, de raconter de véritables sagas.

Les morceaux sont longs, en plusieurs parties et les textes sont très travaillés.

Les ambiances ne sont pas seulement sombres et violentes, il y a souvent de la joie et du lyrisme.

Un groupe comme Dream Theater, meilleur exemple du genre, compose des concepts albums (albums à thèmes) digne de grandes symphonies.

Chacun de ses membres est très respecté dans le milieu pour son habileté d’instrumentiste, même par ceux qui détestent ce style.

Ce style ne laisse aucune place aux amateurs.

Autre particularité, le mélange récurrent avec des instruments électroniques ou avec des orchestres classiques.

Il faut noter également un effort particulier sur le travail du son lors des productions d’albums.

A écouter: Dream Theater Queensryche 

  1. Le Métal industriel

Ces années 90 voient donc le métissage du Métal avec la Funk, le Rap, le Punk ou le Rock progressif.

Certains ne s’arrêtent pas là et se tournent eux vers la musique industrielle des années 80.

Le Rock bruitiste du Velvet Underground, le Rock industriel de Throbbing Gristle, Cabaret Voltaire, Suicide, Young Gods ou Einsturzende Neubauten, avec leurs mélanges de Punk rock et de bruits de machines, d’objets industriels, visait à immerger l’auditeur dans la réalité d’une société froide, mécanique et industrieuse.

Plutôt que de produire de jolis sons agréables, on essayait de reproduire la bande son de notre société déshumanisée afin d’opérer une prise de conscience des réalités.

Le Métal, ayant par certains cotés pour objectif d’être le reflet de la violence humaine, y trouva un terrain propice à l’expression de sa noirceur.

Récupérant les influences industrielles en les plaquant sur des rythmiques Thrash, le groupe Ministry créa le Métal industriel.

Les groupes majeurs du genre sont Ministry, Scorn, Treponem Pal ou Marilyn Manson.

En perpétuelle évolution, le genre va se diversifier au cour de la décennie, se teintant de Death avec Fear Factory ou de Rock gothique avec Rammstein et Marilyn Manson.

A écouter:Ministry Scorn Treponem Pal Marilyn Manson 

 6. Le Métal gothique 

Le mouvement gothique est à son apogée dans les 80’s.

Les groupes goth comme Bauhaus, Christian Death, Sisters of Mercy récupèrent l’imagerie de la période gothique médiévale (gargouilles, millénarisme, sorcellerie), le romantisme, la littérature décadente et fantastique (Baudelaire, Poe, Huysmans) et l’expressionnisme allemand (Kurt Weil, Bertholt Brecht).

De cette synthèse sort une musique noire et sombre posée sur des textes poétiques et mélancoliques.

Les sentiments sont exaltés, la sensibilité exacerbée, le mouvement Goth s’appuie sur une esthétique embrassant tous les arts.

Une culture gothique naît avec ses réseaux underground touchant l’architecture, la mode, le design, la musique, le cinéma…etc, faisant de ce mouvement le plus riche culturellement depuis l’expressionnisme.

A l’affût de champs d’expérimentations nouveaux, le métal va aussi s’engouffrer dans la nébuleuse Goth.

Les thématiques sombres et glauques du Métal vont s’y fondre à merveille.

Cela va marcher d’autant mieux que le Rock gothique s’essouffle dans les 90’s, il tourne en rond et laisse ainsi de la place à la nouveauté.

Parmi les premiers à mêler Métal et Rock gothique, Type O Negative.

Leur premier album est un parfait exemple de Métal gothique :

– Rythmiques de guitares lourdes à la Black Sabbath

– Ambiance pesantes mises en relief par des nappes d’orgues tragiques

– Voix caverneuses dramatiques.

D’autres groupes suivront dans le style, certains retiendront plus le coté dansant de la musique Goth comme Paradise Lost et son Gothic Pop Métal.

D’autres beaucoup plus médiatisés et plus populaires, vont s’inspirer de la part atmosphérique et éthérée de la musique gothique (Dead Can Dance, Cocteau Twins).

Produisant un Métal gothique atmosphérique, des groupes emmenés par des chanteuses à la voix cristalline et lyrique comme Lacuna Coil, The Gathering, Nightwish ou Within Temptation connaissent actuellement un succès qui dépasse le milieu des fans de métal.

A écouter:

Sisters of Mercy, Type O Negative, Paradise Lost, Within Temptation, The Gathering

  1. Le Néo métal 

Autre genre qui cartonne commercialement, même hors du milieu Métal, le Néo métal.

Poursuivant le métissage entamé avec la Fusion et le Rap métal, le groupe Korn fait sensation en 94 avec son premier album éponyme.

Korn profite de la mort du grunge pour imposer son mélange de Fusion et de Power métal américain sur des paroles tournant autour du malaise existentiel adolescent.

La basse est mise en avant comme dans la fusion mais les instruments sont accordés très très bas. Les rythmiques sont lentes et syncopées, le chanteur alterne entre chant clair et saturé, gémissements et grognements.

De crescendo en decrescendo, le Néo métal installe une atmosphère intense et tendue.

Ce genre de musique plus accessible car moins violent connaît rapidement le succès, des groupes fleurissent partout :

Korn, Deftones, Incubus, Coal Chamber aux USA, Enhancer, Pleymo, Aqme, Mass Hysteria en France

Très lucratifs, ces groupes seront bien vite récupérés pour être orienté de plus en plus vers le grand public se coupant encore une fois de la base Métal.

La plupart de ces groupes jouent désormais de la variété pop pour le plus grand bonheur du portefeuille de leur maison de disque !

Seuls quelques groupes perpétuent le genre, comme Slipknot dans un registre plus brutal ou System of a Down qui mélange Musique traditionnelle, Pop, Thrash, Fusion…etc de façon plutôt réussie.

En France, beaucoup de groupes de Néo métal mais tous ont également sombré dans la facilité mise à part les prometteurs Eths.

A écouter: Korn, Slipknot,System of a Down, Eths 

  1. Le Doom métal 

On se souvient que le mouvement punk avait plus ou moins mis en retraite les grands groupes de Hard rock.

Cependant beaucoup de groupes continuaient à produire un Hard rock dépouillé digne de Black Sabbath, le tout dans un relatif anonymat.

On classait ces groupes dans un genre appelé Doom, niche assez particulière connue des seuls amateurs.

Dans les années 90, le genre prend un peu plus d’importance avec l’apparition de groupes talentueux comme Crowbar, Cathedral, My Dying Bride ou certains albums de Paradise Lost.

Si Black Sabbath avait posé les limites du genre, l’amélioration des matériels d’enregistrements et de sonorisation permirent aux groupes d’aller bien plus loin dans la lourdeur et la pesanteur de leur musique.

Certains albums de Doom métal sont effarants tant la musique transpire le désespoir.

Le travail sur le son donne un coté claustrophobique proprement effrayant, ce qui est pour beaucoup dans le succès de ce sous-genre à l’intérieur du milieu Métal.

A écouter: Black Sabbath, Crowbar, Cathedral, Acid Bath, Tiamat 

 9. Le Stoner rock 

Encouragé par le succès du Grunge qui montre qu’un groupe  de rock à guitare peut à nouveau marcher, inspiré par la démarche passéiste du Doom métal, de nombreux musiciens métal se tournent vers les années 70.

Comme les groupes de Doom, les musiciens de Kyuss sont fascinés par les tempos lents et lourds de Black Sabbath mais ils ne s’arrêtent pas à cette influence.

Désireux de jouer une musique flamboyante et psychédélique, ils y ajoutent les influences de Led Zeppelin et  de Pink Floyd entre autres.

Décidé à jouer comme si les années 80 n’avaient jamais eu lieu, ils jouent sur des instruments d’époques mais enregistrent dans des studios modernes, ce qui leur permet d’avoir le son d’un Led Zeppelin avec la puissance d’un Slipknot !

Parmi les derniers arrivés dans lanébuleuse métal, les groupes Stoner connaissent le succès et des groupes comme Queens of the Stone Age vendent beaucoup de disques sans pour autant jeter leurs principes aux orties.

A écouter: Kyuss, Monster Magnet, Queens of the Stone Age

C. Look, esthétiques et influences 

  1. Look 

Les décennies passent et les looks évoluent peu généralement pour les genres déjà existant.

Les nouveaux styles musicaux voient quelques innovations :

  • Fusion et Rap métal : l’influence afro-américaine se fait sentir, les pantalons s’élargissent et les cheveux raccourcissent. Les looks sont plus variés.
  • Hardcore métal : l’influence punk est indéniable, tatouages, cheveux rasés, vêtements noir ou kakis militaires.
  • Métal progressif : look assez soigné, pantalons en cuir, chemises et cheveux longs bien coiffés !
  • Power métal US : Look plus Grunge, jeans déchirés, chemises de bûcherons et crânes rasés.
  • Power métal européen : Look en raccord avec la musique grandiloquente, chemises à jabot ou corsaires, pantalons et bottes en cuir.
  • Métal gothique : Tout en noir, redingotes, chemises et pantalons très 19ièmes ou alors tout de cuir genre guerrier nordique. Les visages sont souvent maquillés en noir et blanc. Les femmes se vêtent de longues robes noires ou pourpres, agrémentées de pendentifs,  les faisant ressembler à des princesses médiévales.

Le public souvent très jeune, suit attentivement la mode. Vêtements et cheveux noirs, velours et dentelles pour les filles, cuir et clous pour les garçons.

– Néo métal : Les cheveux sont souvent portés en dreadlocks comme les rastas ou alors se portent courts sous une casquette. Les vêtements sont récupérés sur la mode des Skate boarders, jeans larges, chaussures de skate, sweat shirts. Les grandes marques de vêtements de sport sont plébiscitées.

– Stoner Rock : Retour aux 70’s, jeans pattes d’eph, chemises psychédéliques et vestes en cuir. Mais les fans n’ont pas vraiment de looks distinctifs.

  1. Attitude 

Peu de choses évoluent dans l’attitude des groupes sur scène et dans le comportement du public.

Seuls trois genres sortent un peu du lot, le Hardcore, le Néo métal et le Métal gothique.

L’attitude Hardcore :

Des origines punk, les musiciens Hardcore ont retenu une farouche volonté d’indépendance ainsi qu’un point de vue très critique sur la société.

Mais ils mettent de coté le nihilisme, le pessimisme punk qui menait in fine au « j’m’en foutisme »

Tout d’abord, on l’a vu, le milieu Hardcore se constitue en réseaux indépendants des grands médias, question de cohérence par rapport aux propos anarchisants développés dans les textes.

Partant du principe intelligent que pour changer le monde, il faut changer soi même, chacun va s’astreindre à une hygiène de vie stricte.

Ainsi naît le mouvement « Straight edge » : Ethique positive, opinions politiques radicales, on exclut la drogue, l’alcool, la viande. On valorise le travail honnête, une hygiène de vie saine.

En fait, le principe est que si tout le monde agit de façon positive, les choses peuvent changer.

En cela, le mouvement s’oppose au chaos punk et à l’indolence hippie.

En concert, cela donne de véritables performances, les musiciens sains de corps et d’esprits se donnent à fond.

Très discipliné, le public Hardcore « pogote et slamme » très peu, concentré qu’il est sur l’énergie déployée sur scène.

Bien sur l’idéologie Straight Edge n’est pas suivie à la lettre par tous les groupes ou fans de hardcore, la plupart des groupes y ajoutent tout de même une bonne dose de fun pour éviter de tomber dans un fascisme d’extrême gauche.

-Le Néo métal :

Aux antipodes du Hardcore, le Néo métal est gangrené par le marketing, la pub, les grandes marques, ce qui en fait aujourd’hui un pur produit commercial.

Ce que l’on peut retenir de ce genre, c’est qu’il ouvre la porte aux jeunes filles.

Le genre est assez mixte du point de vue du public, notamment grâce à l’absence de jeux virils genre pogo.

Pour se défouler, les fans « jumpent », ils sautillent gentiment, en rythme avec la musique.

Les musiciens font de même le visage penché sur leurs baskets, cet air un peu bossu leur donnant une allure d’adolescents lymphatiques !

– Le Métal gothique :

Ce qui saute aux yeux, c’est la présence de femmes à l’intérieur des groupes.

Jusque là, à part quelques exceptions notables dans le Hard FM américain, le métal était un genre plutôt masculin.

Peu à peu les choses changent et les femmes apparaissent même dans des genres très violents.

Le Métal gothique apprécie beaucoup les voix lyriques hautes perchées.

Les attitudes sont très mélancoliques, affectées.

  1. Influences 

Comme pour les années 80, les influences croisées entre la musique, le cinéma, la BD, la littérature se poursuivent.

Dans les genres plus récents, notons dans le Power métal européen la prédominance des thèmes fantastiques ou d’Heroïc Fantasy à la Tolkien.

On parle de donjons, de dragons, de princesses…

Les gothiques eux piochent dans le riche terreau culturel qui fonde le genre.

En ce qui concerne la fusion et le rap métal, les discours des mouvements d’émancipations des minorités américaines servent de base aux textes enflammés des Living Colour et autres Rage against the machine.

Discours très sociaux, revendications où l’on sent l’influence de la dialectique marxiste chez certains groupes Hardcore.

Chaque genre du métal possède ses références, cela clôt quelque peu le débat sur la pseudo stupidité de ce milieu.

 Conclusion sur les années 90  

Là encore, on assiste à un double processus.

D’une part, toute une partie de la scène Métal se commercialise plutôt bien.

Le genre est passé dans les mœurs, les artistes les plus populaires passent à la télé et à la radio.

Pendant ce temps, la frange authentique du Métal cherche une porte de sortie dans son évolution vers le Métal extrême. Elle la trouve par le biais d’un intense métissage avec d’autres genres musicaux, phénomène qui se poursuivra jusqu’aux années 2000.

A la fin de la décennie, la scission est bien visible entre une scène médiatisée très commerciale et la vraie scène Métal, créative mais souterraine, distribuée dans ses propres réseaux.

L’avenir paraît relativement serein pour le genre car il paraît évident que les deux scènes se nourrissent l’une de l’autre. »

III . ANNEES 2000 à NOS JOURS / SCENE CONTEMPORAINE

A. Le Métal aujourd’hui

a) Les préjugés 

Le rock souffre depuis le départ d’une multitude de préjugés, dont il s’est débarrassé à grand peine, devant attendre pour cela que Bowie ou Mc Cartney soient cotés en bourse…

Le Métal quant à lui n’est pas sauvé, il subit les foudres de la censure et est toujours aussi mal compris qu’au départ. Il suffit de voir les polémiques déclenchées par Marilyn Manson.

  1. Violence 

Certes la musique est brutale, les thèmes abordés font souvent références au sordide, à l’horreur mais le tout est à prendre au second degré.

De plus, le fan de Métal n’est ni plus ni moins agressif que n’importe qui, certains se défoulent en tapant dans un ballon et d’autres en écoutant de la musique très fort !

On reste donc loin du climat des stades, des émeutes à la sortie des stades de foot…

Pour finir sur la violence, la brutalité développée par les musiciens et ressentie par les spectateurs peut ressembler à un rituel d’extériorisation de sentiments néfastes.

Ce qui est révélateur, c’est que cette musique plaît beaucoup aux adolescents.

A un âge où les sentiments, les angoisses, les peurs, les pulsions sont poussés à leur paroxysme, le défoulement que propose le métal est considéré comme un soulagement, un exutoire. On est dans l’effet de catharsis.

Enfin, il faut aussi ajouter que l’on peut aimer la violence du métal pour les mêmes raisons que l’on aime le cinéma d’horreur, pour se donner le frisson !

  1. Suicide 

On a, dès les premiers albums de Black Sabbath, d’AC/DC, hurlé que l’on poussait les jeunes au meurtre et au suicide.

Si quelques cas défraient régulièrement la chronique, on s’aperçoit en creusant un peu que les actes suicidaires chez les jeunes ont des raisons bien plus profondes que trois lignes d’un texte d’Ozzy Osbourne ou Manson.

Si les jeunes étaient aussi influençables sur ce plan, on verrait des hécatombes suivant le visionnage des journaux de 20h des grandes chaînes…

  1. Fascisme, nazisme et racisme 

Sur ce point, il est indéniable que certains groupes de Black Métal appartiennent à la mouvance Néo nazie, notamment en Scandinavie.

Dans le milieu Hardcore, l’éthique très stricte peu dériver rapidement vers le fascisme et c’est le cas de certains groupes qui glissent de l’extrême gauche vers l’extrême droite.

Certains groupes de Power métal américain sont également très tentés par un repli raciste, des mouvements White Power (Pouvoir blanc) recrutent beaucoup dans ce genre là.

Mais il faut souligner que ce phénomène ne touche qu’une frange marginale du métal.

Dans nos démocraties où 10% de la population avoue des sympathies d’extrême droite, la présence des idées fascistes dans le métal reste une fatalité.

Pour conclure, ajoutons que le Métal n’est pas plus touché par ces idées que le Rock, le Punk, la Musette, l’Electro ou l’ensemble de la société.

  1. Le satanisme 

Encore une question centrale à tout débat autour du rock.

La polémique débuta dès les années 50 avec les pionniers du rock accusés de pervertir la belle jeunesse américaine, puis ce fut les Beatles ou les Stones avec les accusations ridicules de messages subliminaux.

Dans les 70’s, avec Black Sabbath le combat des puritains contre le rock s’intensifia.

Il faut dire que Ozzy Osbourne, comme Mick Jagger et Paul Mc Cartney, n’avaient jamais nié son intérêt pour l’occultisme.

De plus les influences littéraires sombres du Métal : mythologies antiques et païennes, poètes décadents, le Gothique ainsi que la récupération symbolique de moult symboles occultes n’ont fait que jeter l’opprobre sur le genre.

Avec un peu de discernement, on peut différencier ce qui sert d’influence de ce qui est réellement un culte religieux.

Certains groupes de Black Métal et de Death sont de vrais satanistes convaincus, mais la plupart des groupes se sont servis d’occultisme pour habiller leur musique, aussi pour rigoler.

Le deuxième degré faisant défaut à nos législateurs et religieux, la censure fit feu de tout bois.

Il est amusant de constater qu’en réaction à ce satanisme d’opérette un genre mineur se développe en ce moment : le Christian métal ou White métal !

Du Métal catholique donc ! Egalement aux USA, de nombreux groupes revendiquent leur croyance en Dieu, dans le Néo métal par exemple.

Il y en a donc pour tous les goûts !

B. La position actuelle du métal dans le milieu musical 

  1. La scène métal 

Entre intégration et marginalisation, on l’a vu le Métal se divise en deux mondes.

a) La partie visible de l’iceberg

Durant les trente et quelques années d’existence du métal, les groupes se sont toujours partagés en deux mondes différents, ce qui est médiatisé, vendeur et l’underground.

Dans les années 70, le Hard rock est un genre médiatisé mais pas le Heavy métal qui a trop mauvaise réputation.

Dans les années 80, le Hard FM cartonne sur les radios, loin des scènes du Death.

Les années 90 voient la médiatisation des mouvements Grunge et Néo métal.

Le début du millénaire voit la même bi polarisation entre ce qui est susceptible de plaire au grand public et le Métal plus authentique.

Une toute petite partie du mouvement est donc visible alors que vous l’avez compris au cours de cette intervention, le genre est très vaste.

b) Le milieu underground

L’univers Métal est relativement auto suffisant.

Censuré, décrié, repoussé car jugé malsain, le genre s’est peu à peu replié sur lui-même.

Pour survivre, les amateurs ont créé au fur et à mesure leurs propres labels, leurs propres circuits de distribution.

Le fan achète une partie de ses disques dans le circuit habituel pour ce qui est médiatisé et le reste est acheté par correspondance directement chez les labels, sur internet, par le biais des magazines spécialisés…etc.

Le Métal n’a pas attendu internet pour se constituer en réseau structuré autarcique, sans sortir de chez lui et sans ordinateur, le fan peut commander des disques, des fringues, des places de concerts et se tenir au courant de l’actualité de sa musique préférée.

Seul le milieu gothique est aussi bien organisé.

Le genre n’est ainsi pas tributaire de la grande distribution, cette indépendance permettant à la création de s’épanouir sans pressions commerciale.

Donc la situation du Métal semble la même que celle des autres genres musicaux, la différence la plus notable étant que le milieu underground Métal est suffisamment bien organisé pour ne pas souffrir du manque d’intérêt médiatique.

  1. Médias du métal 

Constitutifs du réseau, le Métal possède ses propres médias.

La presse écrite spécialisée est florissante, on compte une demi douzaine de titres tels que :

Hard Rock Magazine, Hard & Heavy, Rock Hard…etc

Internet est également une mine d’or pour le fan avec des milliers de sites consacrés au métal.

  1. Les mouvements actuels dans le milieu métal 

Que se passe-t-il en ce moment dans ce milieu musical ?

On l’a vu les femmes commencent à s’intégrer dans le milieu, peu nombreuses jusque là, elles apparaissent de plus en plus comme membres de groupes et encore plus dans le public.

Ainsi dans les genres Métal gothique, Symphonique,  Néo, les chanteuses sont légions et le phénomène est récent.

Parallèlement le public se féminise, la présence de musiciennes y est pour beaucoup mais pas seulement.

Même si le tableau n’est pas idyllique, la parité avance en France et les différences de goût entre garçons/filles s’atténuent, ce qui amène un public nouveau vers le métal.

Gageons que les nouvelles générations verront arriver de plus en plus de musiciennes et de groupes mixtes et c’est tant mieux.

Pour finir, on assiste ces dernières années à de plus en plus de sorties d’albums inclassables.

Peut être est ce que cela tient au manque de recul que nous pouvons avoir sur notre présent.

Mais je pense que le Métal est arrivé à un point dans son évolution qui fait que pour continuer à être créatifs, les artistes doivent se diriger vers des musiques de plus en plus expérimentales échappant à toute classification.

Voici  quelques exemples :

Meshuggah

Neurosis

Scorn

Helmet

C. Quelques particularités intéressantes du Métal

 1. Les guitar heroes  

La guitare électrique est un élément fondamental, fondateur du métal.

En effet, à l’origine du Hard rock se trouvent essentiellement des guitaristes.

Ceci s’explique par le fait que la musique rock est souvent composée sur une guitare, mais aussi parce que la majorité des parties solo sont jouées par des chanteurs ou des guitaristes.

Jimmy Hendrix, on l’a vu, a eu une influence énorme sur les guitaristes de Hard rock.

Son jeu révolutionnaire, son charisme, son talent inné d’écriture musicale, son habileté technique, tout cela a fait de lui le premier guitar hero.

C’est en voulant suivre ses traces que Jimmy Page (Led Zeppelin), Ritchie Blackmore (Deep Purple) ont inventé le Hard rock, impressionnés qu’ils étaient par cette débauche d’énergie et d’innovations.

Par la suite, les années 70 ont vu l’apparition d’autres grands guitaristes au sein de formations Métal : Uli Roth et Michael Schenker de Scorpions, Angus Young d’AC/DC ou Eddie Van Halen de Van Halen.

Chacun par leur jeu novateur, personnel mérite l’appellation « Guitar Hero », mais la guitare n’est pas encore tout à fait placée au centre de la composition comme chez Hendrix.

Les années 80 vont voir apparaître alors  des formations centrées sur le guitariste, et non plus sur le binôme guitare-chant des groupes de rock habituels.

Gary Moore, Yngwie Malmsteen, Ted Nugent, Joe Satriani, Steve Vai mais aussi Jennifer Batten vont ainsi sortir de magnifiques albums de guitare métal, souvent instrumentaux, seuls ou accompagnés d’un groupe complet.

Véritables virtuoses, ils poussent le jeu de guitare jusqu’à ses frontières les plus lointaines, rapidité d’exécution, complexité des compositions, ces musiciens souvent sortis des plus grands conservatoires sortent de véritables symphonies pour guitares.

Certains, que l’on peut classer comme « Néo-classiques » iront même jusqu’à composer des pièces classiques pour guitare, on peut citer l’excellent « Concerto suite for electric guitar and orchestra » de Yngwie Malmsteen par exemple.

Aujourd’hui le phénomène se poursuit, les meilleurs guitaristes des groupes actuels sortent régulièrement des albums solos de bonne qualité.

  1. Les connexions avec la Musique classique  

– La plupart des grands musiciens Métal, qu’ils l’avouent ou non, ont souvent suivi un cursus classique par le biais des conservatoires.

La complexité de certains styles de Métal demande en effet un travail sur son instrument mais surtout une connaissance de la théorie musicale parfaite.

Influencés par leurs études musicales, désireux d’acquérir la respectabilité induite par le milieu classique, les premiers à réellement incorporer des ingrédients classiques dans leur métal furent les Queen avec l’album « A Night at the opera » et son fameux morceau « Bohemian Rhapsody ».

Depuis le milieu Métal n’a eu de cesse de jeter des passerelles entre les deux genres.

Le plus évident fut la multiplication des concerts mêlant orchestres symphoniques et groupes de rock : Metallica, Scorpions, Deep Purple…etc

Certains groupes se sont également spécialisés dans l’adaptation de grandes pièces classiques de Beethoven, Grieg ou Moussorgsky.

La démarche inverse est possible, par exemple,  le quatuor de violoncelles « Apocalyptica » a adapté un florilège des tubes de Métallica.

On l’a vu aussi à propos des guitar heroes, des pièces néo classique ont été composées pour des instruments électriques.

Enfin, la mode actuelle du Métal gothique a mis en avant quelques groupes dont la particularité est de produire un genre de Métal gothique symphonique, avec des chanteuses se produisant dans un registre lyrique, accompagnées d’instruments électriques et de grands orchestres.

A écouter:

Queen: Bohemian Rhapsody; Within Temptation, Apocalyptica, Deep purple

  1. Les albums indispensables : 

Deep Purple: Deep Purple in rock (70)

Led Zeppelin: Led Zeppelin IV (71)

Black Sabbath: Paranoid (71)

Trust: Trust (79)

Ozzy Osbourne: Blizzard of Ozz ( 80)

Motörhead: No sleep ‘till Hammersmith (81)

Iron Maïden: The Number of the beast (82)

Venom: Black metal (82)

Metallica: Master of puppets (86)

Slayer: Reign in blood (86)

Guns n’ Roses: Appetite for destruction (87)

Napalm Death: Scum (87)

Pantera: Cowboys from hell (90)

Metallica: Metallica (91)

Faith No More: Angel Dust (92)

Ministry: Psalm 69 (92)

Kyuss: Blues for the red sun (92)

Sepultura: Chaos A.D (93)

Korn: Korn (94)

Neurosis: A sun that never sets (2001) 

Conclusion générale

Ce que l’on appelle métal aujourd’hui est le résultat d’une histoire musicale commencée il y a 30 ans.

Nous avons vu que cette histoire s’est déroulée en trois grands chapitres chronologiques.

Les années 70 voient la naissance et la bipolarisation du genre en deux chapelles.

Le métal va connaître un succès croissant tout en se durcissant musicalement, en se dégageant des influences blues et rock’n’roll de ses débuts.

Les années 80 sont la décennie de la radicalisation d’un coté et de la commercialisation de l’autre.

En effet pendant qu’une frange du mouvement connaît le succès commercial, une autre plus radicale se lance dans une course effrénée vers le métal extrême.

Dans les années 90, l’évolution vers les extrêmes étant terminée, le mouvement se fait vers un métissage avec d’autres genres musicaux déclenchant de nouvelles subdivisions des genres.

Quant à la subdivision Métal grand public / Métal underground elle s’accentue durant toute la décennie.

Quant aux années 2000, elles voient un retour aux sources du genre, une féminisation du milieu et aussi une inclinaison d’une partie du milieu vers les musiques expérimentales.

Pour conclure, le genre se porte plutôt bien.

S’il a survécu à 35 années d’histoire musicale, c’est parce qu’il a su tirer profit de ses forces et de ses faiblesses.

Le rejet de l’opinion, le confinement en un ghetto, l’a obligé à se créer son propre réseau pour survivre. Ce réseau lui permet aujourd’hui de continuer à innover.

De ce terreau d’innovation, l’industrie musicale se nourrit, les groupes populaires exploités par les grandes maisons de disque s’approprient les innovations venant de l’underground, en les édulcorant, ils en font de l’argent.

Touchant un vaste public, ils amènent au Métal de nouveaux fans dont une partie va ensuite rejoindre la scène underground.

Les grands festivals Métal comme le « Rock am Ring » allemand, le Fury Fest français, le Gods of Métal italien, n’ont jamais été aussi populaire, c’est là le meilleur signe de bonne santé pour le Métal.

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